Liberalisme et socialisme

LIBÉRAUX ET SOCIALISTES : ASSUMEZ CE QUE VOUS ÊTES !

Le libéralisme et le socialisme sont des courants généralistes qui dominent la pensée intellectuelle et politique depuis des siècles. Dans cette occupation de la scène intellectuelle et politique, les deux courants, à travers leurs acteurs, se mènent un combat sans merci. Les libéraux accusent les socialistes d’être des communistes masqués, car, selon eux, le socialisme est du communisme déguisé. Les socialistes également chargent les libéraux d’être des anarchistes travestis puisque, pour eux, le libéralisme est de l’anarchisme dissimilé. Ainsi, chacun récuse l’argument de l’autre. Chacun refuse l’identité que l’autre lui attribue. Alors, quelles analyses pouvons-nous mener sur ces assertions des deux courants ?

De prime abord, il convient de noter que le libéralisme et le socialisme sont deux courants qui s’opposent immanquablement, cependant l’un n’a pu neutraliser l’autre depuis toujours. Ce qui laisse entrevoir que les deux courants se tiennent dans l’erreur. Car, lorsque deux choses sont opposées et qu’aucune n’arrive à neutraliser l’autre, c’est qu’elles se tiennent dans l’erreur. Elles n’ont guère atteint la perfection ou le niveau de perfection convenable pour garantir leur efficacité[1]. Cette thèse, nous l’avons développée dans notre introduction à l’économie[2]. Ainsi, avec d’autres démonstrations, nous sommes arrivés à la conclusion que le libéralisme et le socialisme reposent à la fois sur des parts de vérité et des parts erronées, voire mensongères, faisant d’eux des systèmes d’idées défaillants. Car, un courant non-défaillant se doit de reposer scrupuleusement sur des parts de vérité.

Ceci dit, les assertions évoquées ci-dessus sont dans la droite ligne des parts erronées ou mensongères des deux courants. En effet, l’identité que chaque camp attribue à l’autre est vraie. Pourtant, chacun récuse cette identité, ce qui démontre une fois de plus les mensonges sur lesquels reposent ces deux courants, qui leur confèrent un aspect totalement défaillant que nous devons impérativement transcender aujourd’hui.

Au sujet du socialisme et du communisme, il faut comprendre que sur la forme les courants semblent être divergents, cependant ils se rejoignent sur le fond. En effet, le communisme et le socialisme ayant un même objectif, qui est le partage équitable des richesses de la société entre les individus, sont des courants qui convergent sur le fond. Pour parvenir à ce but commun, les deux courants présentent des méthodologies différentes, ce qui va les différencier sur la forme. Bien entendu, pour atteindre efficacement l’objectif énoncé, le communisme estime que la production de la richesse doit s’effectuer au moyen de la propriété commune et redistribuée de façon équitable entre les individus. Ce qui fonde le communisme comme étant un courant de production s’opposant au capitalisme. Contrairement au communisme, le socialisme admet que la production de la richesse doit s’effectuer au moyen de la propriété privée et donc par le biais du capitalisme. Cependant, cette richesse privée doit être expropriée par le biais des impôts excessifs pour se transformer en bien commun, ensuite réparti entre les individus par l’entremise de l’État-providence.

Comme on peut le constater, il n’y a guère grande différence entre la méthodologie du socialisme et celle du communisme. Le socialisme ayant compris que la production de la richesse ne pouvant être efficace qu’à travers la propriété privée et donc au moyen du capitalisme, a adopté ce courant de production. Mais aussitôt, il va détruire ce dynamisme de  production par sa méthode d’expropriation. Ainsi, au bout du compte, l’on constate que le socialisme rejoint le communisme. C’est pourquoi, les libéraux accusent les socialistes d’être des communistes déguisés, et nous estimons qu’ils ont pleinement raison.

Concernant le libéralisme et l’anarchisme, il faut également noter que sur la forme les deux courants semblent divergents, cependant ils se talonnent sur le fond. En effet, les deux courants ont une même vision, qui est de laisser faire les individus dans leur quête de bien-être et de bonheur. Pour ce faire, ils estiment qu’il faut lever toutes les contraintes – peu importe leur nécessité, légitimité ou légalité – pour permettre à l’individu de parvenir à ses vœux. Ainsi, les libéraux demandent de réduire ou supprimer les réglementations, les impôts, l’intervention de l’État, tout ce qui a trait à la collectivité ou au bien commun : pour ce faire ils prônent l’État-minimum. Ils considèrent que toutes ces choses sont des contraintes empêchant les individus d’exprimer leur bon vouloir, selon l’esprit de leur vision ‘’laissez-faire’’. Pour atteindre cette même assertion, les anarchistes étant plus courageux demandent la disparation totale de l’État, des règlementations, des lois, des impôts, en un mot ils prônent une société sans loi, sans contrainte. Ainsi, dans cette société chacun pourra faire ce qu’il veut, comme il le veut et comme il l’entend. En réalité, les expressions des anarchistes sont les vœux des libéraux, mais seulement ceux-ci manquent de courage pour les exprimer, car sachant très bien que l’approche anarchiste n’est point juste. C’est pourquoi, les socialistes estiment que les libéraux sont des anarchistes travestis, et nous estimons également qu’ils ont pleinement raison.

Ne pouvant faire ressortir toutes les démonstrations dans cet article, l’on doit retenir simplement que libéralisme et socialisme sont des courants qui présentent des défaillances notoires qu’il convient de transcender impérieusement. C’est dans cette perspective que nous avons inventé l’objectivitisme[3], un courant de pensée généraliste se voulant l’alternative au libéralisme et au socialisme. Il transcende les deux courants en s’opposant à leurs idéologies erronées. Il repose sur quatre piliers, à savoir le droit objectif, le libéralisme objectif, le socialisme objectif et le travaïsme. Le droit objectif est un concept de droit mais différent du concept de droit objectif actuel. Le libéralisme objectif résume les grandes parts de vérité du libéralisme. C’est le libéralisme débarrassé de ses visions erronées. Le socialisme objectif résume les parts de vérité du socialisme. C’est le socialisme débarrassé de ses visions erronées. Le travaïsme est un courant de politique économique qui diffère du travaillisme.

Suivant les quatre piliers ci-dessus, l’objectivitisme assure non seulement la synthèse du libéralisme et du socialisme, mais ajoute d’autres piliers pour consolider cette synthèse. Avec l’objectivitisme donc, le libéralisme et le socialisme cohabitent sans que l’un ne dérange l’autre. Car étant débarrassés de leurs visions floues qui, en réalité, les repoussaient et les entraînaient dans une discorde sans fin.  

À vrai dire, le libéralisme et le socialisme vise, tous deux, l’épanouissement de l’Homme mais à travers des pensées différentes. Le libéralisme estime que le bien-être et le bonheur de l’Homme ne peut véritablement s’opérer qu’à travers l’individualisme ou l’intérêt individuel. Le socialisme, à son tour, estime que cette finalité ne pourrait immanquablement être atteinte qu’au moyen du bien commun, de l’intérêt commun ou du collectivisme. Ainsi, chaque courant a sa pensée d’or, telle que susmentionnée, pour atteindre cette finalité de l’épanouissement de l’Homme.  

En réalité, les pensées d’or des deux courants, à savoir l’individualisme ou l’intérêt individuel pour le libéralisme, et le bien commun ou l’intérêt commun pour le socialisme, ne sont guère opposables. Bien au contraire, elles sont complémentaires. En vérité, l’efficacité résulte de la combinaison des deux pensées d’or. Ainsi, dans une société, pour amorcer véritablement l’épanouissement de l’Homme, il faut nécessairement la complémentarité de l’intérêt individuel et de l’intérêt commun. De cette manière, chaque pesanteur doit s’inscrire dans l’objectivité, c’est-à-dire dans le respect de l’intérêt de l’autre, de l’intérêt des Hommes et de l’intérêt de la société. Ainsi, chaque pesanteur doit se débarrasser des visions erronées pouvant l’opposer à l’autre.

Alors, libéralisme et socialisme semblent s’opposer car, chacun entretient des visions aberrantes assurant une opposition frontale à l’autre. Ces visions tendent à empêcher l’existence de l’autre ou à démolir la finalité commune, or là n’est point l’objectif de la recherche de l’épanouissement humain. C’est pourquoi, aujourd’hui, il est nécessaire de débarrasser l’un et l’autre de leurs visions approximatives, de sorte à leur garantir une complémentarité gagnante pour la société et pour les Hommes. C’est l’ambition que nourrit l’objectivitisme avec ses quatre piliers.

Pacôme Kouamé Oi Kouaméintellectologue politique et économique

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[1] La preuve, le capitalisme a pu neutraliser le communisme, ce qui témoigne inéluctablement son efficacité. Cependant, le capitalisme actuel présente des défauts qu’il faut nécessairement corriger. C’est ce que nous avons fait, qui donna le capitalisme objectif, nouveau courant de production développé dans notre ouvrage sur le développement intitulé Afrique de demain : quels remèdes pour enrayer le sous-développement ?

[2] Se trouvant dans le tome 3 de notre ouvrage intitulé Afrique de demain : quels remèdes pour enrayer le sous-développement ?

[3] C’est un courant développé dans le tome 3 de notre ouvrage intitulé, Afrique de demain : quels remèdes pour enrayer le sous-développement ? Il est différent de l’objectivisme, un courant de pensée philosophique.